Andreï Voznessenski à Kirjatch et à Moscou

Kirjatch est une petite ville située à une centaine de kilomètres au nord-est de Moscou. Dans son enfance, Andreï Voznessenski passait chaque été dans cette maison, aujourd’hui abandonnée, qui appartenait à sa grand-tante. La mère d’Andreï était originaire de Kirjatch, et c’est ici que ses parents se sont rencontrés.

Voznessenski est l’un des poètes russes les plus extraordinaires du XXᵉ siècle. À l’âge de quatorze ans, il a envoyé ses vers à Boris Pasternak. L’appel téléphonique du célèbre écrivain, qui venait d’être nommé pour le prix Nobel de littérature, a bouleversé les parents d’Andreï : Pasternak invitait le jeune poète à lui rendre visite dans son appartement moscovite. Dès lors, il est devenu le mentor et l’ange gardien de Voznessenski dans le monde littéraire.

La rencontre de Voznessenski avec Khrouchtchev, le 7 mars 1963, est devenue historique. Le premier secrétaire du Parti communiste avait réuni au Kremlin de jeunes peintres, sculpteurs, écrivains et cinéastes — plus de six cents personnes. Parmi eux se trouvaient, entre autres, Soljénitsyne, Tarkovski et Aksionov. Lorsque Voznessenski a été convoqué à la tribune, il est rapidement devenu la cible des invectives de Khrouchtchev, qui hurlait : « Nous avons proposé à Pasternak de partir. Voulez-vous obtenir votre passeport demain ? Voulez-vous ? Allez, partez, partez au diable ! »

Malgré tout cela, Voznessenski a continué à voyager en Europe, aux États-Unis et au Canada, et à être publié tant en U.R.S.S. qu’à l’étranger. À partir de 1966, il a vécu sur le quai Kotelnitcheskaïa, dans l’un des sept gratte-ciel staliniens connus sous le nom de sept sœurs de Moscou. Cet immeuble était réservé uniquement à ceux dont le gouvernement soviétique reconnaissait les mérites exceptionnels.