Marina Tsvetaïeva à Moscou

Le musée Marina Tsvetaïeva se trouve dans une petite rue tranquille du centre de Moscou. C’est ici, dans cette maison où elle a vécu de 1914 à 1922, avant de partir en exil, que subsiste l’atmosphère d’un foyer d’intellectuels de l’époque.

Marina Tsvetaïeva est née en 1892 dans une famille profondément cultivée : son père, Ivan Tsvetaïev, était le fondateur du musée des Beaux-Arts Pouchkine, et sa mère, pianiste, se consacrait entièrement à la musique. Très jeune, Marina a commencé à écrire des poèmes. Elle a publié son premier recueil à dix-huit ans, et très vite sa voix singulière s’est fait entendre dans la poésie russe du XXᵉ siècle — une voix douloureuse et passionnée.

Les années de révolution et de guerre civile ont été pour elle une épreuve. Son mari, Sergueï Efron, a combattu dans l’armée blanche ; elle, restée à Moscou avec ses enfants, a connu la faim et la solitude. En 1922, elle a quitté la Russie et a vécu à Berlin, à Prague, puis à Paris, parmi les émigrés russes. Mais dans ses poèmes, elle parle sans cesse de sa patrie perdue, de l’amour, de la séparation, de la fidélité à la parole poétique.

Revenue en Union soviétique en 1939, Tsvetaïeva a traversé ses dernières années avec courage, malgré de lourdes épreuves familiales : son mari a été exécuté, sa fille arrêtée. En 1941, dans la petite ville d’Ielabouga, elle a pris la douloureuse décision de mettre fin à ses jours. Sa poésie, intense et lumineuse, continue de vivre comme une voix d’espérance et de vérité intérieure.