Pavel Melnikov-Petcherski à Nijni Novgorod et à Gorodets

En 1957, une traduction d’un roman russe reçoit le Prix du Meilleur Livre Étranger. C’est un fait un peu extraordinaire, puisque l’auteur était mort depuis soixante-quatorze ans. Mais qui était-il ?

Pavel Melnikov est né à Nijni Novgorod en 1818, dans cette maison qui existe encore aujourd’hui et qui est toujours habitée. Fils d’une famille noble, il a fait ses études au lycée, puis à l’Université de Kazan. Les auteurs qui l’ont le plus influencé sont Pouchkine, Gogol et Belinski. Après son retour à Nijni Novgorod, il a enseigné l’histoire et le français au lycée.

En tant qu’historien, Melnikov s’intéressait de près aux vieux-croyants, qui résistaient obstinément aux réformes de l’Église orthodoxe russe introduites au XVIIᵉ siècle et qui avaient provoqué le Raskol, le grand schisme. Fort de son expérience dans ce domaine, Melnikov a été chargé par le ministère de l’Intérieur d’étudier les adeptes du vieux rite et de réprimer leurs activités.

Gorodets, une très ancienne ville, était un centre important des vieux-croyants et, à ce titre, était souvent visitée par Melnikov. Son récit Gricha s’inspire de la vie quotidienne des habitants de cette ville.

Sur les conseils de Vladimir Dahl, l’auteur du célèbre Dictionnaire étymologique de la langue russe, Melnikov a écrit sous le pseudonyme d’Andreï Petcherski. Ses récits et nouvelles, dans lesquels il critiquait la corruption, le despotisme domestique et le servage, sont devenus de plus en plus populaires.

C’est après sa retraite que Melnikov-Petcherski a publié son vaste roman panoramique Dans les forêts — un ouvrage de 1 200 pages qui forme un diptyque avec Sur les montagnes et constitue une véritable encyclopédie du mode de vie des vieux-croyants.