Nicolas Gogol à Moscou

À cinq minutes à pied du Nouvel Arbat, sur le boulevard Nikitski, se cache l’unique musée consacré à Gogol en Russie. C’est ici qu’il a passé ses derniers mois, rongé par le doute et par une dévotion qui tournait à l’obsession. Il jeûnait, il priait, il ne dormait presque plus. Et c’est ici, une nuit de février 1852, qu’il a livré aux flammes le second tome des Âmes mortes — l’œuvre qui devait racheter la première, sauver ses personnages, et peut-être le sauver lui-même. Quelques jours plus tard, il est mort. La cheminée est toujours là. On peut s’asseoir devant elle et deviner ce que la littérature russe a perdu dans ce feu — un livre, ou une âme de plus.