Nikolaï Dobrolioubov à Nijni Novgorod

Pourquoi Nikolaï Dobrolioubov, mort à 25 ans et qui n’a même pas été écrivain, est-il une figure aussi importante pour la littérature russe ?

Né à Nijni Novgorod en 1836 dans la famille d’un prêtre, il grandissait en enfant timide et consciencieux. À l’âge de treize ans, il dévorait déjà plus de quatre cents livres par an. À dix-sept ans, il a terminé le séminaire théologique en tant que meilleur élève, après quoi il est parti pour la capitale de l’Empire russe.

À Saint-Pétersbourg, l’enfant prodige est devenu un fils prodigue. Au lieu d’entrer à l’Académie théologique, comme cela avait été prévu, Nikolaï s’est inscrt à l’Institut pédagogique, ce qui signifiait qu’il ne deviendrait pas prêtre, comme son père.

Un an plus tard, ses parents sont morts et le jeune étudiant s’est radicalisé. Il a commencé à écrire contre la monarchie, la religion et le servage — d’abord dans son propre journal clandestin, puis, à partir de 1856, dans la revue Le Contemporain, fondée autrefois par Pouchkine et dirigée à l’époque par Nekrassov.

L’influence de Dobrolioubov est devenue immense. Il écrivait sur la littérature russe, mais ce faisant, il prêchait ses convictions révolutionnaires. Son analyse du roman Oblomov d’Ivan Gontcharov, ainsi que de plusieurs drames d’Alexandre Ostrovski, est devenue un classique. Sa mort prématurée, en 1861, a mis fin brutalement au développement de son talent exceptionnel. L’Université linguistique de Nijni Novgorod — ville interdite aux étrangers entre 1959 et 1991 — porte aujourd’hui le nom de Nikolaï Dobrolioubov.