Vladimir Korolenko à Nijni Novgorod

Dans cette maison, de 1888 à 1896, habitait Vladimir Galaktionovitch Korolenko. Comme le remarquait son biographe, Korolenko est venu à Nijni Novgorod inconnu et il en est reparti comme l’un des écrivains russes les plus illustres.

Korolenko a choisi Nijni Novgorod comme lieu de résidence en 1885, après la fin de son exil qui avait duré six ans et à la suite duquel il lui avait été interdit de demeurer à Saint-Pétersbourg et à Moscou. La raison de cet exil était son implication dans le mouvement socialiste. On l’avait d’abord envoyé dans le gouvernement de Viatka, ensuite à Perm, dans l’Oural, et plus tard à la colonie d’Amga, en Iakoutie, à environ neuf mille kilomètres de route de la capitale de l’Empire russe.

À Nijni Novgorod, Korolenko a fondé un cénacle d’intellectuels progressistes qu’on a baptisé la Société des philosophes sobres. On y discutait de politique, de questions sociales, d’art et de littérature. Korolenko a été l’un des premiers à reconnaître et à apprécier le talent du jeune Maxime Gorki, qui lui a plus tard dédié un livre de mémoires intitulé Le Temps de Korolenko.

C’est à Nijni Novgorod que Vladimir Galaktionovitch a rencontré sa femme, Evdokia, révolutionnaire comme lui, et que leurs deux filles, Natalia et Sofia, sont nées. Comme écrivain, Korolenko a connu ici sa période la plus féconde : c’est à Nijni Novgorod qu’il a écrit Le Musicien aveugle, En mauvaise société, La Forêt murmure, Les Muets, Le Songe de Makar — des textes qui lui ont assuré la renommée d’un écrivain de tout premier plan.