Vladimir Solooukhine à Alépino

Dans cette maison, à Alépino, un petit village non loin de Vladimir, est né, en 1924, Vladimir Alekseïevitch Solooukhine.

Dans son roman La Mère marâtre, publié en français sous le titre Les Arbres naissent droits, Solooukhine raconte l’histoire d’un jeune soldat qui fait son service militaire dans les environs de Moscou pendant la Grande Guerre patriotique. Le hasard le conduit dans un cercle de jeunes intellectuels qui récitent les poèmes qu’ils viennent d’écrire. Le soldat est bouleversé : n’écrit-il pas, lui aussi, des vers qu’il n’oserait jamais montrer à personne ?

Ce roman contient un fort élément autobiographique. Démobilisé, Solooukhine s’inscrit aux cours de l’Institut de littérature Gorki, la même année que Bondarev et Trifonov. Le thème central de son œuvre devient la campagne russe, la vie des gens simples qui travaillent la terre. En 1956, il traverse à pied sa région natale et décrit les rencontres faites au cours de ce voyage de 680 kilomètres dans son livre Les Chemins de Vladimir.

Solooukhine était fasciné par les icônes, sujet dont il parle dans ses Lettres du Musée russe, parues en traduction française en 1967. Malgré les critiques des fonctionnaires du parti, qui désapprouvaient sa sympathie pour la religion, Solooukhine a contribué à la restauration du monastère d’Optina. Il a également été l’un des premiers à proposer la reconstruction de la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou, détruite en 1931.

Le musée Solooukhine à Alépino est aujourd’hui un petit centre culturel animé par des gens accueillants et sympathiques — une visite incontournable si vous passez un jour par Vladimir.